28 mai, 2007

Le jeu de l’amour et du hasard


Un modelage de deux ans, à partir d’un dessin d’après modèle vivant.

J’ai trouvé intéressant de remplacer le support d’appui cubique par un dé sur un sol inégal, ce qui donne l’impression d’un échouage sur une plage…

Cette terre n’a pas résisté à la manipulation et j’ai du la refaire, mais je préfère la première version.

13 mai, 2007

Silex


J’ai eu la chance de tenir dans les mains un «coup de poing» en silex, une arme préhistorique faite de silex orange, parfaitement taillée, équilibrée et de forme à peu près circulaire.

Elle appartenait à un jeune archéologue qui la conservait enveloppée dans un chiffon épais et la dévoilait comme le plus beau des bijoux. Plus de trente ans après, je retrouve la même émotion intacte à cette évocation.

La vue de cet objet magnifique m’a donnée envie, dès que j’ai commencé la sculpture, de reproduire ce souvenir en plus grand, hommage à ces premiers tailleurs de pierre qui ne connaissaient ni le chauffage central, ni les outils au carbure de tungstène.

En attendant de tomber sur la pierre qui me permettra de réaliser ce vieux rêve, je me suis entraîné à grands coups joyeux avec la massette sur le fameux caillou de Tavel (voir Celles que je regrette... ) dont je ne pouvais rien tirer.

Voici le modeste résultat : ça ressemble à peu près à une pointe de flèche ou un classique outil de poing, comme on en voit dans les musées d’histoire naturelle.

22 avril, 2007

Family portrait



Près d’une année intensive pour arriver à terminer cette famille, en partie autobiographique, en marbre de St Pons de Thomières (34). Mais n’est-ce pas le cas de chacun de nos actes d’être à la fois notre histoire et notre présent au moment de sa création ?

Des rythmes s’en dégagent non prévus à l’origine : les bras des enfants avec des angles similaires et les bras extérieurs des parents qui encadrent le tout.


Alors que la vue de dos ne montre qu’un simple couple, la vision de face révèle la présence des enfants, le tout formant un ensemble uni, compact et rassemblé. Au point que l’épaule commune à l’homme et la femme les rende ainsi siamois, contribuant à l’impression de bloc figé, comme pour une photo de famille. (Pour l’épaule, je dois à la vérité de dire que je manquais de matière en largeur et ne m’en suis rendu compte que trop tard).

21 mars, 2007

Jules Desbois m’envoie un cygne …



1ère étape :

J’avais l’été dernier préparé une petite maquette pour le deuxième morceau de marbre rouge ramené de Caunes-Minervois, le premier ayant servi au « pied » (voir plus bas). L’ébauche a été faite comme souvent, d’après la forme qui semblait déjà figurer dans le volume dudit caillou. Projet très ambitieux et complexe : Léda et le cygne se caressant. Mais on apprend davantage de ses erreurs que de ses réussites, alors autant prendre des risques.

2ème étape :

Après quelques heures de travail et alors que la chose commençait à prendre forme, le marbre non homogène et stratifié du genre mille-feuilles, se fend en deux sur quasiment toute sa longueur, m’obligeant à transformer la sculpture prévue en haut relief.

Et, ça va de soi, modifier la position des personnages pour que la chose soit cohérente et que l’enchevêtrement soit compréhensible.

3ème étape :

Une camarade du club de sculpture me montre un livre sur Jules Desbois, sculpteur français du 19ème siècle, ami de Rodin mais peu connu, un peu comme la très talentueuse Camille Claudel, réhabilitée depuis quelques années seulement.

J’ignore tout de ce sculpteur et je ne pense pas avoir jamais vu l’une de ses œuvres, les principales étant dans le musée de sa ville natale en Touraine.

Mais là, sur le bouquin, il y a une Léda et son cygne, la posture est proche de celle de ma maquette et une certaine similitude des positions s’en dégage, (en toute modestie)…

Encore plus fort, à la suite de la cassure d’une partie du marbre j’ai dû déplacer la tête du cygne et du coup elle se retrouve dans presque l’exacte position où Jules Desbois l’a mise.

Etonnant non ?

A suivre, car il reste encore quelques semaines de travail. A condition que le marbre ne fasse pas encore des siennes…

L’abreuvoir à oiseaux


Petite récréation en grès émaillé : estampage et assemblage d’une feuille de rhubarbe et d’une grenouille.

On va voir si les oiseaux apprécieront cet abreuvoir ou s’ils feront les difficles.

De toutes façons, ils n’en auront pas d’autre ;-)

11 mars, 2007

Narcisse


Petit montage photo autour du modelage terminé cette semaine. Basé sur une attitude saisie il y a plusieurs décennies et que j’avais conservé parce que j'anticipais déjà quelque chose, mais sans idée précise...

Penché au dessus d'un point d'eau, le corps est oublié, détendu. La seule tension se focalise dans le regard, fasciné par ce qu'il découvre et les interrogations qui en découlent, toujours les mêmes : Qui suis-je? D'où viens-je ? Où vais-je ? Qui est l'autre ?

Il est évident que ce genre de remarques, philo du bistrot, ne vient qu'après, en observant le travail accompli. Conclusion : la réflexion suit l'action au lieu de la précéder et je ne m'en plains pas.

Ce modelage de grès n’est pas encore cuit, ni patiné, mais ce qui est pris est pris. Et en cas de problème à la cuisson ou autre (voir les expériences plus bas), je pourrais repartir cette fois, d’une photo.

Le joueur de poker

Autre modelage cru réalisé d’après un autre vieux croquis saisi pendant l’inactivité d’une chambrée militaire. Les cartes, poker et rummy, occupaient une partie du temps et quand j’avais perdu ou que je ne jouais pas, il fallait bien trouver une activité…

On jouait en slip ou short, car c’est chaud une tente l’été, et j’ai longuement hésité pour savoir s’il fallait lui mettre la tenue de l’original ou la tenue d’origine... Ca peut encore évoluer, après cuisson, quand il faudra le patiner. Cartes blanches et sous-vêtement blancs, pourquoi pas ?

Miss November


Encore une terre posée sur un pavé de grès. Baptisée ainsi tout simplement car elle a été crée à partir d’un dessin fait d’après modèle vivant aux formes généreuses et sculpturales, pendant le mois du même nom.

20 janvier, 2007

Pénélope


Au seuil de l'année qui débute, Pénélope a terminé sa métamorphose. Haute de 37 cm dans une belle pierre dure, du comblanchien blanc légèrement poli, elle attend sereinement le regard tourné vers le grand large...

16 décembre, 2006

(à suivre)



"Quand je serais grande, j'aimerais être une belle statue de pierre blanche" rêvait souvent un petit modelage de terre cuite patinée bronze, posée sur un meuble de l'entrée.
Mais, le temps passait, passait au point que son rêve avait fini par se transformer en inquiétude...
Dans le silence de la nuit, ses soupirs finirent par attirer Gepeto, qui comme chacun sait, erre pendant ses insomnies, à la recherche de la baleine où il a oublié son sonotone.

Hélas, il ne pouvait rien pour elle, sa spécialité c'était le bois pas la pierre et de toutes façons, maintenant il ne faisait plus que des tables, car la dernière fois lorsqu'il avait sculpté un pantin, son coeur avait failli le lâcher par un surcroît d'émotions...
Toutefois, il la rassura, lui rappelant que le temps ne change rien aux rêves, qu'ils se réalisent toujours quand on y croit très fort et que les petites statues de terre résistent parfaitement à l'oubli et au temps, souvent deux cents générations d'hommes et bien davantage...Et que lorsqu'on le redécouvre, c'est un grand bonheur pour tous.

Mais elle tenait à son rêve et une question revenait :"Quand se réalisera-t-il enfin ?"

(à suivre)

03 décembre, 2006

Ah , les beaux jours...


Aux beaux jours, lorsque je vois dehors sur le perron ce petit nu, qui fut la troisième pierre calcaire que j'ai travaillée, je suis surpris par la sensualité qui se dégage des lignes.
Etonné aussi que le débutant que j'étais (je le suis toujours, mais avec quelques réalisations de plus) ait pris le risque de dégager un bras complètement en creusant la pierre autour, avec une forte probabilité de casser. Ca ne s'est pas produit, la chance du débutant ; sans doute.

Son anatomie est probablement à revoir et à alléger par endroits (les fesses, par exemple) mais cette opulence va bien avec le soleil qui la caresse au moindre rayon.

29 octobre, 2006

Equilibre



Ca commence avec un petit dessin vite fait pendant l’ennui d’une réunion professionnelle. Dix jours plus tard, je découvre avec surprise dans l’Express de la semaine une caricature politique datant de 60 ans qui représente Hitler et Staline jouant les acrobates dans la même position que mon esquisse, juste inversée gauche-droite…Prémonition ? Coïncidence ?

Transformer ce gribouillage en modelage pose des problèmes techniques de réalisation, d’accrochage, d’équilibre des formes et d’harmonie des volumes.

Avec l’aide du Vélo Club de mon village, que je remercie au passage, quelques compromis par rapport aux premières idées de mise en place et quelques heureuses surprises, l’ensemble finit par tenir debout.

23 octobre, 2006

Vous prendrez bien une tasse de thé?


Faire une théière pour un débutant potier, c’est un peu comme une histoire de Miss Marple : des pièges et de fausses facilités à toutes les étapes !

Dès que l’on a donné au corps la bonne taille pour quelques cups of tea, ça commence !

Le couvercle en premier : il doit s’ajuster correctement pour ne pas tomber au moment de servir le précieux breuvage. Ni trop petit, car ça flotterait ; ni trop grand, sinon ça ne rentre pas.

Ensuite les attaches : équilibrées, réparties de manière égale de part et d’autre du couvercle et surtout dans l’axe du bec verseur qui a lui une fâcheuse tendance au strabisme. Avec une poignée, c’est encore plus sournois …

Et le bouquet c’est le bec : en plus du strabisme divergent par rapport à l’axe, il doit être proportionné pour aller avec le corps, le couvercle, les attaches et l’anse.

J’ai failli oublier : il ne doit pas goutter et tacher la nappe, verser droit avec un débit régulier et sans éclabousser.

Bref, que le tout forme un ensemble harmonieux et agréable à l’oeil, fonctionnel et utile et…soulevable d’une seule main..

Après deuxième passage au four, l’émaillage ne doit pas laisser de zones vides ou surchargée et ses couleurs doivent inciter à la sérénité pendant la cérémonie du five o’clock.

Voilà, vous avez (presque) tous les éléments pour juger la photo ci dessus.

PS : Puisque je vous ai fourni les bons critères, permettez-moi de réclamer votre indulgence.

13 octobre, 2006

Africa


Sculpture en pierre de buxy (pierre dure de Bourgogne d'une belle couleur ocre caramel) qui s'est imposée par sa forme brute de miche tronquée. Il ne restait plus qu'à faire les yeux et jouer avec un compas pour trouver un partage harmonieux des surfaces...
A noter le jeu des surfaces : polies, brutes, bouchardées et rainurées.
L'art africain, par ses formes et ses volumes m'attire. Il fascine par le mystère que chacune de ses oeuvres récèle et qui a séduit tous les grands artistes de notre siècle.
J'ignore tout de cette civilisation proche et lointaine à la fois ; toutefois, j'ai essayé modestement de lui rendre hommage.

Celles que je regrette...

"Les femmes qu'on regrette le plus sont celles qu'on n'a pas eues" disait Marcello Mastroïani dans un de ses films.

Moi, je regrette des modelages et une sculpture qui ont disparus mais dont j'ai heureusement conservé une image...

Il faut dire que découvrant la sculpture et le modelage, j'ai voulu griller les étapes...

Mais il y a des règles à respecter quand on est débutant, même si on brûle d'avancer.

De mon premier modelage qui une fois moulé aurait dû donner un chat, il ne reste strictement rien. Depuis, j'ai décidé de photographier tôt chaque oeuvrette, car on ne sait jamais.

Je vais donc commencer en beauté par la fin ou presque : voici donc l'histoire double d'un modelage encore cru (donc fragile) et d'une sculpture en siporex.

C'était la première fois que j'utilisais le béton cellulaire, appelé généralement siporex. Une fois terminée l'espèce de cariatide, je l'avais mise au bout de l'établi et j'avais commencé à travailler une nouvelle pierre...
Là j'ai réussi coup double : en travaillant cette pierrre, du tavel bleu (j'aurais dû rester au Tavel rosé !), une pierre très dure genre silex, une vraie cochonnerie et dont on ne peut rien tirer, les vibrations ont fait tomber au bout de l'établi la sculpture en siporex, laquelle a chu sur le modelage posé sur un tabouret à proximité, juste en dessous...


Résultat : rien à récupérer, mais heureusement il reste les images de l'esclave en cariatide et du modelage :

Après ce test avec le siporex, matière très tendre; trop fragile et friable (ça flotte !), j'ai compris que la facilité n'est pas la solution et qu'il vaut mieux une matière dure si on veut que cela dure quelques temps...

08 octobre, 2006

C'est le pied ! ou Quand vient la fin de l'été...

Dans les derniers jours de vacances, j'ai récupéré un bout de marbre rouge veiné, de la même carrière que celui du Trianon de Versailles, rien que ça !
Dans sa forme l'oeuvre me paraissait déjà inscrite ...
Et comme je suis partisan du moindre effort et d'aider la forme existante à émerger, hé bien, j'ai fait un ...pied.

En réalité : mon pied, car comme ça, pas de modèle avec qui prendre rendez-vous et il est toujours disponible.
Rien que des avantages si on excepte qu'il n'est pas facile de regarder son pied de face ou de profil de la distance réglementaire pour une vue objective et en proportion.

Voici donc la chose, une fois polie dans les règles de l'art, c'est à dire beaucoup de papier de verre de plus en plus fin et de la sueur en proportion.

Ce rouge griotte est splendide, n'est-ce-pas ?

Le petit dernier


Voilà le dernier modelage, une terre cuite patinée fixée sur un pavé de grès (une vraie cochonnerie à percer : ça bouffe les forêts, y compris ceux au carbure).
Je compte m'en servir comme modèle pour le réaliser en grand, disons 1 mètre de haut, à mettre dans le jardin ce printemps.

Il y a longtemps que j'avais envie de faire ce modelage : il me rappelle ma première année en école primaire : des enfants agiles le faisaient naturellement et marchaient sur les mains sur des dizaines de mètres...
J'avais l'impression déjà, que nous n'étions pas sur la même planète !
Techniquement, ce n'était pas simple de monter la figure en équilibre, de ne pas la casser ensuite jusqu'à ce qu'elle soit cuite. Enfin, à ce moment là, elle devient un peu moins fragile.

Le plaisir d'être arrivé au bout du projet et d'en avoir maîtrisé toutes les étapes méritait bien une photo, non ?